Des lycéen.nes de l’Iroise ont participé à Brest aux Etats généraux du Numérique pour l’Education. Témoignages sur cette expérience …

Les EGN, c’est quoi ?

La crise sanitaire a éclairé la nécessité, les enjeux, les difficultés du déploiement du numérique éducatif. C’est pourquoi le Ministère de l’Éducation nationale a lancé sur tout le territoire les États Généraux du numérique pour l’Éducation.

Le 14 octobre 2020, 5 forums se sont déroulés dans les départements bretons autour de thèmes spécifiques : à Brest (« favoriser le développement d’un numérique responsable et souverain »), à Gourin (« un égal accès au numérique pour tous »), à Pleumeur-Bodou (« mettre en place de nouvelles formes de gouvernance et de nouveaux outils d’anticipation »), à Rennes (« travailler ensemble autrement / culture numérique professionnelle commune »), à Vannes (« enseigner et apprendre avec le numérique »).

Le 15 octobre 2020, à Rennes, une journée de synthèse académique a permis aux représentant.es des différents forums de partager les analyses et de mutualiser les propositions.

Etape de synthèse à Rennes

Les 4 et 5 novembre, à Poitiers, aux rencontres nationales, « les innovations, les pratiques inspirantes qui auront été remontées depuis le lancement de la démarche participative, seront partagées, discutées, analysées au regard de leur potentiel de dissémination ou de généralisation. » (source Site des Etats généraux du numérique)

Sur l’académie de Rennes, témoigne Christine Bac, Déléguée académique au numérique, « nous avons réussi à rassembler plus de 500 personnes pour échanger sur les expériences vécues, les réussites et les obstacles à lever. »

L’Iroise aux EGN

Yuna, Milian, Arthur

Riches de leur expérience du numérique éducatif dans le cadre du projet i-voix, 3 lycéen.nes de l’Iroise ont été invité.es à participer au forum de Brest consacré au « développement d’un numérique responsable et souverain ». Au programme : interventions de Guylène Esnault, DASEN du Finistère, et de Carina Chatain, responsable Education à la CNIL, table ronde, échange de pratiques, 3 ateliers animés par Olivier Adam (responsable académique de la sécurité des systèmes informatiques et délégué à la protection des données) sur le thème « Données personnelles et identité numérique », par Thierry Joffredo (responsable académique du pôle numérique pédagogique) sur le thème « Acteurs économiques - EdTech », par Mélanie Veyret (professeure de SVT, formatrice Résentice aux usages pédagogiques du numérique) sur le thème « Développement durable, santé et bien être : comment le numérique peut-il y contribuer ? »

Les EGN vus par Milian

Atelier Identité et sécurité

« En cours, bien sûr, il y a des profs et des élèves. On devine l’administration de notre lycée mais difficile de se représenter la myriade d’acteurs en tous genres travaillant de près ou de loin pour l’Éducation Nationale… Les États Généraux du Numérique pour l’Éducation m’ont permis de réaliser à quel point ces inspecteurs, ces délégués de la région, du département ou de la ville, ces administrateurs (du réseau ENT Toutatice, par exemple) et autres représentants de l’académie ont tous leur rôle et il ne semble pas facile de concilier les avis, d’harmoniser les positions de chacun ! Cependant, les discussions n’ont n’en été que plus riches : quelle place pour le numérique à l’école ? Comment faire pour qu’il reste un outil et non une contrainte ? Qu’en est-il du confinement et des découvertes ou soucis techniques rencontrés ? Voilà quelques-unes des questions abordées… Très enrichissant !!! »

Les EGN vus par Yuna

Atelier Développement durable et santé

"Ces Etats-Généraux consistent à réfléchir sur les facteurs restreignant l’utilisation du numérique dans l’éducation pour y apporter des solutions par la réflexion et la discussion, ainsi qu’à mutualiser les initiatives locales avantageuses des établissements. Comment se servir du numérique de manière responsable, inclusive, écologique, démocratique, protectrice, innovante, capacitante et équitable ? Dans quel cadre les donnée des élèves sont-elles utilisées ? A partir de quand cela est nocif (piratage, cyber harcèlement, usurpation d’identité,…) ? (cf ‘référentiel de formation des élèves à la protection des données personnelles’ par la CNIL). Comment limiter l’impact écologique de notre utilisation numérique ? Comment enseigner cela sans accentuer les clivages entre ceux qui ont accès au numérique ou non ? …

J’ai participé à un atelier portant sur "Développement durable et santé". Voici les réflexions qui ont émergé de nos discussions : (Ce sont majoritairement des freins qui ont été soulevés)

  • Certains professeurs ont la sensation de manquer de formation quant au numérique : le niveau de maîtrise est très hétérogène.
  • Les injonctions quant au numérique semblent paradoxales : il s’agit pour les professeurs de dispenser un apprentissage en lien avec la réalité, qui doit se faire en collectivité, et grâce à des expériences pratiques, mais qui ne doit pas se faire au détriment de l’enseignement présentiel, et qui ne doit pas être trop chronophage pour les élèves.
  • Les initiatives ne sont pas assez accompagnées et encouragées
  • Les établissements manquent d’équipements. Il s’agit de les ravitailler en limitant l’impact écologique : le numérique émet 4% des gaz à effets de serre mondiaux (25% sont dus aux data centers, 47% à la production des équipements, etc…).
  • L’équipement ne doit pas nécessairement être neuf (la production du matériel représente 70% des gaz à effets de serre qu’ils émettent durant leur vie) :
  • Recyclage d’ordinateurs obsolètes (initiative du « hacklab » au collège de Coat-Mez Daoulas : laisser de côté windows pour des logiciels libres comme Linux, et utiliser des nano-ordinateurs).
  • De même, le « matériel fantôme », qui représente ¼ du matériel, s’il était retrouvé, pourrait-être d’une grande utilité.
  • Absence de communication quant aux enjeux écologiques du numérique, ainsi que sur les risques d’internet
  • L’exposition aux écrans de tous ne fait qu’augmenter : impact sur la santé ?

Une réunion somme toute intéressante et instructive, qui nous laissera tous plus éclairés sur ce qu’il faut changer, afin de maximiser le profit instructif du numérique, sans impact sur la santé physique ou mentale des élèves et des personnels concernés, et sur ce qu’il est possible de faire pour rendre cet enseignement plus agréable, ou plus durable."

Les EGN vus par Arthur

Atelier Acteurs économiques

"J’ai trouvé cet évènement particulièrement intéressant en ce qu’il a été un espace de débat où se sont rencontrés des gens de tous horizons impliqués – plus ou moins directement - dans l’éducation. Ainsi, on a pu prendre conscience des enjeux du numérique dans l’éducation dans leur complexité : comment favoriser un numérique inclusif (pallier la fracture numérique par exemple), sobre (éviter la pollution), démocratique et protecteur (protection des données, expression respectueuse…) et équitable (quels logiciels utiliser pour soutenir les acteurs responsables ?) ? Faut-il favoriser la collaboration du public et du privé afin d’élaborer les meilleurs outils numériques pour l’enseignement ? Faut-il harmoniser les pratiques numériques dans les établissements ? A quelle échelle ?…

Ces États généraux ont également été l’occasion de découvrir une partie du processus décisionnel de l’Education nationale, et de se rendre compte que les élèves n’étaient finalement qu’assez peu pris en compte. Sans doute à cause de la thématique particulière de la journée brestoise, les élèves et professeurs étaient quasiment absents du débat et ainsi, il n’était pas tellement question des pratiques pédagogiques mais plutôt de discourir de façon très théorique en s’éloignant assez souvent du sujet de l’éducation."

Zoom sur un projet de l’Iroise

Atelier i-voix

Parmi les diverses présentations qui ont eu lieu durant l’après-midi de cette journée brestoise, un éclairage a été porté sur l’expérience des « i-tombeaux » menée à l’Iroise dans le cadre du projet i-voix. Sur leur blog, les élèves ont réalisé des tombeaux numériques à la mémoire de personnages de tragédies de Racine et Wajdi Mouawad. Puis ils ont mené une réflexion sur leur travail : en quoi ces articles créatifs leur avaient-ils permis de mieux s’approprier les oeuvres ? en quoi éclairent-ils ce qui se transforme avec le numérique dans notre relation à la mort ? en quoi amènent-ils à mieux penser, choisir, éditorialiser les traces numériques qui seront notre mémoire posthume sur internet ? Les participant.es ont souligné l’intérêt de cette pédagogie des traces qui amène par une pratique de classe à mieux responsabiliser les élèves dans leurs pratiques non scolaires du numérique.

Conclusion des EGN à Rennes le 15/10/20
Conclusion académique des EGN avec Christine Bac (Déléguée Académique au Numérique), Quentin Jarno (élu au Conseil Académique de la Vie Lycéenne), Pascal Plantard (professeur d’université, CREAD, Rennes 2)