Les équipes pédagogiques ont porté et mené le projet d’emmener les 172 élèves de premières, pour assister à la projection du film « Papicha » au cinéma Les Studios.

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Thématique forte, valeurs fondamentales de notre société, chaque jour l’actualité nous amène à réfléchir sur leur fragilité et l’attention que nous devons leur porter. Cette démarche de réflexion s’inscrit complètement dans la politique affichée de la cité de l’Iroise, volontariste pour notamment atteindre une égalité filles-garçons, loin d’être une évidence dans bien des dimensions, à tous les niveaux, ici ou ailleurs !

Vous trouverez ci-dessous la critique du film élaborée par les élèves :

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Papicha

Nedjma, 18 ans, est étudiante en licence de français dans une cité universitaire à Alger dans les années 1990. Son rêve est de devenir une styliste reconnue. Elle et ses amies ont la joie de vivre : elles aiment rire, chanter et danser. Elles font même parfois le mur, pour aller en boîte de nuit, elles y rencontrent des hommes (Medhi et Karim). Cependant l’Algérie entre dans les années d’obscurantisme. C’est la décennie noire de la guerre civile, pendant laquelle sévit la violence des islamistes. Ceux-ci ayant assassiné sa sœur, une journaliste, Nedjma décide d’organiser un défilé de mode pour lutter contre l’oppression.

Tout d’abord dans le long métrage Papicha, Mounia Meddour, la réalisatrice, s’inspire de son expérience dans le but de dénoncer la condition de la femme dans les sociétés arabes traditionnelles. En effet, Mounia Meddour a vécu jusqu’à l’âge de 18 ans en Algérie et a dû fuir le pays avec sa famille pour se réfugier en France, à cause de menaces de morts proférées par les islamistes. Papicha suscite rires mais aussi tristesse chez le spectateur. On y retrouve des scènes choquantes comme le meurtre de la sœur de Nedjma ou encore la tentative de viol de Nedjma par le portier de la cité universitaire et l’attentat lors du défilé de mode. Le film est cadré, caméra à l’épaule, ce qui nous donne l’impression d’être aux côtés des personnages dans leurs péripéties. Les nombreux gros plans facilitent aussi l’immersion du public dans l’histoire. Ils nous permettent de nous focaliser sur les émotions des différents personnages. Le montage est très bien pensé et retranscrit bien les atmosphères. Le long métrage est dynamique grâce au choix des musiques et des couleurs qui varient selon l’ambiance. La scène du taxi au début du film est une illustration de la bonne mise en scène des sons et lumières. Celle-ci met en opposition deux atmosphères, la première où les jeunes filles rient, chantent, se maquillent et s’habillent de vêtements colorés, et la seconde où le taxi est arrêté au barrage de police, celle-ci devient rapidement pesante et oppressante, il fait sombre, il n’y a plus aucune musique et seules les voix des policiers résonnent.

Ensuite, si le film est rythmé de musiques, il est aussi fragmenté de silences qui occupent une place importante dans le film. Ces silences sont brisés brusquement. Notamment par un cri strident lors de l’assassinat de la sœur de Nedjma ou par les détonations des armes à feu lors du défilé de mode. Le casting du film est excellent. L’actrice Lyna Khoudry joue à la perfection le personnage de Nedjma, et sait nous communiquer ses émotions comme dans le film Luna (2018). Ici elle joue une jeune femme courageuse qui n’abandonne jamais face aux groupes extrémistes. Cependant, malgré la tragédie, la fin du film est optimiste. On y voit Nedjma et son amie Samira qui est enceinte. Ce futur enfant symbolise l’espoir et le renouveau.

Pour conclure, Papicha est un film éminemment engagé pour la cause de la femme dans une Algérie confrontée à l’islamisme, un totalitarisme qui bafoue les droits des femmes, mais aussi la liberté de l’esprit : une scène montre l’agression d’un professeur de philosophie par des femmes islamistes, qui veulent l’empêcher d’enseigner la pensée de l’humaniste Albert Jacquard. Mounia Meddour s’inspire fortement de sa propre histoire. Les personnages de Nedjma et ses amies, les « papichas » – « mignonnes », c’est ainsi que les Algérois surnomment affectueusement les jeunes filles – sont à l’antithèse de l’image et du rôle de la femme que les islamistes veulent imposer : couverte, soumise, exclue de l’espace public. Le film est censuré, puisqu’il est interdit de diffusion en Algérie. Cela questionne donc sur l’avancée du progressisme depuis la décennie noire des années 90. Cette œuvre nous a plu, tant par sa mise en scène que par son message politique fort. Ce film était à la fois enrichissant et à la portée de tous.

Mallorie Roue, Evan Midy, Sterenn Le Goff, Léandre le Guern.

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