Les élèves et le personnel de la cité scolaire de l’Iroise peuvent découvrir dans la Galerie pédagogique le travail de la sculptrice Hélène Farges…

Créées spécialement pour cette exposition, ces œuvres utilisent des matériaux naturels et recyclables (terre, poudre de marbre, plâtre et pigments, bois et végétaux). La confrontation à un caddie de supermarché, la trace de moulages de bouteilles plastiques, n’en indiquent que mieux l’injonction du propos d’Hélène Farges : nous rappeler que l’homme n’est qu’une partie du vivant et que si ses activités agressives envers la nature persistent il se met lui-même en danger. La présence de fragments de corps humain modelés dans la glaise ajoutent une dimension votive à cette installation pleine de délicatesse.

L’artiste a pu échanger avec quelques classes les lundi 14 et mardi 15 janvier 2019

TEXTE D’HELENE FARGES à propos de l’exposition

« C’est la première fois que je pense un ensemble de sculptures en utilisant uniquement des matériaux recyclables et sains. C’était une contrainte car je ne travaillais pas comme cela avant. J’ai pris conscience que la production en art contemporain se soucie peu de l’environnement (beaucoup de consommation de matériaux, de transport, d’emballage, etc.) et je souhaite questionner ce rapport de consommation aux choses dans notre contexte. J’ai essayé de créer des textures, des formes qui peuvent apparaître comme "nobles" avec des matériaux très simples comme la terre crue. Montrer qu’on peut transformer des matières primaires, que des choses très simples peuvent devenir des sculptures. En plus de cette réflexion matérielle, j’ai voulu évoquer des paysages ou des microcosmes (des petits univers dans chaque pièce : comme le tas de petits cailloux/coquillages ou les marbrures sur la pièce Horizona). Il y a quelques "parties de corps"qui apparaissent en parallèle de ces petits paysages (…). Par exemple les mains et l’oreille en terre sont à la fois chair et tas de boue séchée (mélange de terre-paille). Ces membres ainsi que les objets (bouteilles et cailloux) m’apparaissent un peu comme des sédiments, comme des éléments qui auraient traversé le temps, auraient voyagé et subi l’érosion comme un grain de sable. Il y a un côté "pétrifié" qui évoquerait une nature figée, comme transformée en caillou.

Pour la pièce Kumpomarket, c’est un clin d’œil à la grande distribution qui évoque en même temps un rituel vaudou pratiqué en Afrique de l’Ouest (les danseurs kumpo), ces danseurs très habiles sont recouverts de grands fibres végétales (comme du raphia). C’est le côté énigmatique de cette danse qui m’a intéressée, le rapport à des événement difficiles à comprendre et qui interrogent. Dans mon travail, je tiens à ce qu’il y ait une part inexplicable, qui ne fait pas forcément sens mais qui doit intriguer et stimuler l’imagination. »