Dans le cadre de la 9e édition « Filles-garçons la Mixité sex’prime », la classe de troisième 3 s’est rendue à la médiathèque de l’Europe le jeudi 22 mars pour rencontrer la Youtubeuse Blaise Benghiat, membre du collectif Les Internettes, une association de vidéastes qui se bat contre les stéréotypes sur Internet…

Blaise Benghiat est une youtubeuse âgée de 24 ans qui a créé sa propre chaîne il y a un an : « la ChroNique ». Elle y poste des vidéos sur la sexualité, le corps de la femme. « Je fais des vidéos sur des choses que j’aurais aimé savoir quand j’étais au collège ». Ses vidéos sont destinées aux jeunes de 11 à 15 ans mais elles sont plutôt regardées par les personnes de 19 à 25 ans.

Préférant le contenu qualitatif au quantitatif, Blaise poste des vidéos à peu près tous les trois mois. Quand elle parle d’un sujet comme l’hymen ou les règles par exemple, elle va d’abord faire un long travail de recherches, lire beaucoup, s’informer auprès de professionnels, soumettre ses textes à des spécialistes de la question pour éviter les erreurs, afin de bien informer les internautes. Elle précise que pour faire une vidéo de cinq minutes, l’écriture du script lui prend trois jours, le tournage, cinq heures et le montage, à nouveau trois jours.

À la question « Avez-vous déjà envisagé de vivre de votre chaîne Youtube ? », Blaise Benghiat répond qu’elle ne veut pas dépendre de Youtube, donc elle travaille dans un Escape Game pour avoir des revenus mensuels et elle fait aussi des interventions dans les écoles et dans les collèges. « Je ne monétise pas mes vidéos car je ne peux pas choisir les pubs qui seront diffusées avant. Je ne peux pas parler d’égalité garçons-filles et de choses comme ça alors que juste avant une publicité ultra stéréotypée aura été diffusée ! »

Ses vidéos parlent de sujets qu’on dit « tabous » mais elle aimerait que ces sujets « tabous » ne le soient plus et deviennent faciles à aborder, « que ça devienne banal ». Blaise est une jeune femme engagée qui n’a pas peur des mots : elle ne se censure pas, elle dit les choses ouvertement et sans gêne.

Pour sa toute première vidéo, elle avoue tout de même qu’elle a eu très peur. « D’ailleurs, j’en avais fait avant, pas forcément bien construites, mais le but était de m’entraîner. » Le regard et les commentaires haineux de certains internautes l’ont amenée à se remettre en question à plusieurs reprises. Elle a même songé à arrêter sa chaîne YouTube, mais le soutien des autres youtubeurs et youtubeuses, de sa famille et de ses amis l’ont poussée à continuer. « J’ai décidé d’arrêter de me poser des questions ». Dorénavant, Blaise ne fait plus attention aux commentaires sexistes qui n’ont pas d’importance à ses yeux. Elle préfère lire ceux qui l’encouragent, et ils sont nombreux. « Les commentaires qui me plaisent le plus, c’est quand, par exemple, on me dit : ’J’ai appris des trucs’ ».

Avant de créer sa chaîne Youtube, elle n’avait pas confiance en elle mais depuis qu’elle tourne des vidéos, elle a trouvé cette confiance. Pour Blaise, il faudrait que les filles aient plus de visibilité sur Internet et qu’elles aient plus confiance en elles. « Sur Youtube, les femmes sont beaucoup plus critiquées sur leur physique que sur le contenu de leur vidéo. » « C’est vrai aussi que les femmes sont moins écoutées et moins visibles sur Youtube que les hommes. Beaucoup de femmes font des tutos beauté mais très peu en font sur des sujets de réflexion tels que les sciences par exemple, car il y a très peu de modèles féminins. » Blaise pense aussi que les femmes sont éduquées d’une manière différente des hommes : il faut que les filles soient calmes, qu’elles ne se fassent pas remarquer tandis qu’on encourage les garçons à être actifs, confiants, beaucoup plus dynamiques.

A la fin de la rencontre Blaise a incité tous les élèves à faire des vidéos parce que « c’est cool ! pouce bleue ! » « Surtout les filles ! » pour encourager les autres filles à en faire aussi.

Article rédigé par la classe de 3e 3. Photos prises par Ali.