Après s’être transformés en éditorialistes, les élèves du groupe de Littérature et société « Regards européens » s’essaient à l’interview : compte rendu de deux des rencontres avec des professionnels du cinéma dont tous se souviendront …

La palme de l’humour anglais : A kindness ou la bonté parodiée

Préparation de l interview
Préparation de l interview

Le réalisateur de A Kindness Gilles Ripley, est anglais. Il a obtenu un diplôme des beaux arts à Chelsea, et réalisé de nombreux courts métrages, qui ont remporté plusieurs prix et nominations à l’occasion de nombreux festivals. Son film Kindness a été réalisé cette année, et il dure 14 minutes 31. Le court métrage a été fait dans de bonnes conditions puisque nous avons appris que le producteur et le réalisateur étaient en bonnes relations.

Ce film raconte l’histoire d’un jeune homme qui déménage pour aller rejoindre sa petite amie à Blackpool. Pour cela il se fait aider par deux de ses amis, personnages comiques et irresponsables qui l’accompagnent en corbillard … Pendant le voyage, de nombreuses péripéties et surprises vont survenir, un accident va se produire, des révélations inattendues vont mettre en doute le héros, contraint de revoir ses projets…
Un court métrage mêlant humour et rebondissements

Allon Weshler Giles Ripley et la traductrice
Allon Weshler Giles Ripley et la traductrice

Rencontre avec Giles Ripley, réalisateur et son producteur Allon Weshler

Hugo pose la première question -  voir en grand cette image
Hugo pose la première question

Eleves : Quelles études avez vous faites ?

Giles Ripley : Cela peut sembler étonnant mais je n’ai pas fait d’études de cinéma. J’ai eu mon diplôme des beaux arts de Chelsea et rien d’autre en matière de cinéma .

E : Est-ce un travail à plein temps ou une passion ?

G.R. : C’est une passion , bien que j’aie déjà réalisé plusieurs films je ne peux en vivre. Je travaille dans le milieu de la publicité où je me plais beaucoup.

E : Avez vous déjà remporté des prix pour vos films ?

G.R. : Oui , j’ai remporté plusieurs prix et j’ai été nominé plusieurs fois aussi , ce qui me rend heureux et fier.

E : Une question pour vous Allon Weshler. En quoi consiste le métier de producteur ? Qu’est-ce qui vous à donné envie de produire le film de Giles Ripley ?

Allon Weshler : Le producteur est celui qui récolte et gère les fonds nécessaires à la production du film. Mon travail est de trouver des partenaires, négocier avec eux la somme qu’ils vont donner et de savoir comment bien gérer l’argent récolté. Ce qui m’a donné envie de produire le film est que premièrement Giles est un ami et aussi car j’adore son humour.

Hugo et Clélia en pleine prise de notes
Hugo et Clélia en pleine prise de notes

E : D’où vous est venue l’idée de l’histoire du film ? Est-elle vraie ?

G.R. : Mon histoire est inspirée d’une anecdote qu’un ami m’a racontée. En fait l’histoire est à peu près la même, mais à la fin au lieu que ce soit un chien que la personne renversait c’était un chat.

E : Comment vous est venue l’idée des personnalités des 3 personnages principaux ?

G.R : Je me suis inspiré de vrais personnes, en effet ce sont des amis , comme par exemple le barbu qui est un ami d’enfance. Mais l’histoire est elle par contre complètement fictive.

E : la relation entre les personnages est assez ambiguë, que pouvez vous en dire ?

G.R : Ils ont une relation amour-haine, c’est à dire qu’ils s’aiment au fond mais qu’ils ne le montrent pas. Cela ajoute un côté mystérieux aux personnages.

E : Au niveau du montage, comment vous y êtes vous pris. Etait-ce long ?

G.R : Je suis très minutieux de nature donc j’ai demandé beaucoup d’avis à mes proches pour la réalisation et le montage. C’est le montage qui m’a pris le plus de temps. J’y ai mis beaucoup de mon temps et de mon énergie. Quand on se lève on pense au montage, quand on mange on pense au montage, quand on se couche on pense au montage encore.

E : Continuez vous de rire en regardant votre film ?

G.R : Non, je ne ris plus en regardant le film car je sais ce qu’il va se passer à chaque moment mais j’aime bien voir la réaction des gens dans la salle. C’est ça qui me fait rire.

E : Quelles réactions avez-vous eues en regardant votre film pour la première fois en salle ?

G.R : La première fois j’ai été fier qu’il soit enfin projeté dans une salle mais j’aurais bien changé quelques petits détails au niveau du film. Je ne m’en suis pas rendu compte car j’étais totalement obnubilé par le montage et je n’avais pas vraiment d’avis personnel extérieur.

Nous sommes reconnaissants et fiers d’avoir pu rencontrer ce réalisateur et ce producteur, nous les remercions de nous avoir consacré du temps et nous remercions également l’équipe du festival européen du film court qui nous a permis de créer cette rencontre et ce moment inoubliable.

Photo de groupe
Photo de groupe

La palme de l’originalité : Stella maris, entre tradition et modernité …

Stella Maris est un court métrage de 26’37, réalisé par Giacomo Abbruzzese, réalisateur italien né en 1983 à Tarente, en 2014.

Eloïse de Côte Ouest présente Giacomo Abbruzzese -  voir en grand cette image
Eloïse de Côte Ouest présente Giacomo Abbruzzese

Le film présente un couple séparé par la prison. La seule chance d’être libéré pour l’homme, incarcéré pour tentative de meurtre, est de participer à la fête traditionnelle du village durant laquelle les habitants se réunissent sur la plage pour attendre la venue de la statue Stella Maris par les eaux. Ce jour permet en effet à quelques prisonniers sélectionnés de voir leur peine annulée à condition qu’ils rejoignent à la nage la barque contenant la statue avant qu’elle n’entre dans la baie. Mais aucun homme n’y est jamais parvenu …

Un film politique original sur une Italie qui mêle tradition et modernité et une tragique histoire d’amour. La réussite du film est due au jeu des acteurs plein d’émotion ainsi qu’aux décors très étonnants …

Lylou introduit l interview
Lylou introduit l interview

Nous : Avez-vous voulu dénoncer quelque chose de particulier ?

Giacomo Abbruzzese : Non pas particulièrement mais il y a un sens politique car la jeune femme se moque des hommes ayant du pouvoir et un sens traditionnel avec la procession de la Stella maris.

Nous : Cette tradition existe-t-elle ?

G.A : La procession de la Stella maris existe vraiment mais le fait qu’un prisonnier puisse se libérer a été inventé pour l’histoire, je change la réalité pour qu’elle soit plus parlante.

Nous : d’où vous est venue cette idée pour ce court métrage ?

G.A : Un jour j’étais sur la plage qu’on voit à la fin et c’est de là que m’est venue l’idée, à côté de cette plage il y a une prison dont les murs ont été rehaussés pour que les prisonniers ne voient pas la vierge arriver. Je viens aussi d’une famille catholique et j’allais à des processions similaires quand j’étais enfant.

Nous : Où se déroule l’histoire ?

G.A : C’est un village un peu imaginaire, le court métrage a été tourné dans trois villages différents où j’ai sélectionné des lieux, le bord de mer, la mairie…

Nous : Est-ce que la réalisation a été facile ?

G.A : Ça a été très difficile, les huit jours de tournage ont été épuisants pour tout le monde, en plus je ne pouvais faire que une ou deux prises par scènes par faute de moyens financiers et de temps. Mais je pense que la fatigue fait ressortir une plus grande sincérité à travers les films.

Intervention de Bourama
Intervention de Bourama

Nous : D’où vous vient cette passion du cinéma ?

G.A : Je viens d’une famille sans livres donc pour me divertir je regardais une chaîne de télévision italienne qui ne passait que des films, j’ai donc commencé à me passionner pour le cinéma grâce à ça. Puis quand j’étais au lycée il y a eu un concours pour faire un documentaire à propos de la moule de Tarente auquel j’ai participé sur les conseils d’un professeur. Ce film a gagné le prix des écoles de mon village. Plus tard, je réalisais des courts métrages avec des amis pour m’amuser, ce n’est que arrivé à la FAC que j’ai su quel parcours professionnel choisir pour devenir réalisateur. Stella maris est mon septième ou huitième film et mon quatrième film sérieux. Je pense que c’est uniquement en faisant des films que l’on peut progresser et que pour faire du cinéma il faut vraiment le vouloir et être prêt à assumer les critiques, être à l’écoute et ne surtout pas se laisser détruire par celles-ci.

Nous : Travaillez-vous seul sur votre scénario ?

G.A : Je travaille seul sur mon scénario mais je le fais lire à des amis, à ma famille, à des producteurs… Je suis ouvert aux critiques et aux conseils. Je pense que revoir le script est la partie la plus longue te la plus ennuyeuse d’un film. Le scénario peut changer en fonction d’un nouveau lieu qui m’inspire ou lorsque je parle avec des acteurs… C’est pourquoi j’aime travailler sur plusieurs projets en même temps, quand je n’ai plus d’idées ou quand j’avance moins vite sur l’un d’eux, je fais une pause avec une autre histoire, ce qui me permet de travailler plus efficacement et de reprendre mon premier travail laissé en suspens avec un œil nouveau.

Nous : Quels sont vos projets pour la suite ?

G.A : J’ai un long métrage en cours mais c’est assez compliqué, j’ai une deuxième idée de long métrage mais je n’en suis qu’au scénario. Je compte aussi faire un documentaire sur un festival créé par des amis.

Cette rencontre a été très intéressante et enrichissante, Giacomo Abbruzzese était très sympathique et aussi content de rencontrer notre classe.

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Photo souvenir
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