Dans le cadre du partenariat « Les jeunes et la mer »que le lycée de l’Iroise a signé avec la région Bretagne, les professeurs en charge du projet ont décidé de répondre à l’invitation faite par l’Institut Universitaire Européen de la Mer pour sa journée « portes ouvertes ».

Trois classes de seconde se sont donc rendues sur le site du technopôle de Plouzané le vendredi 15 Mars 2013. Nous avons été accueillis à notre arrivée par M.Bertrand GOBERT qui a promptement dirigé les groupes de ma classe vers une visite libre des stands de présentation de différentes activités de l’I.U.E.M. J’ai personnellement été attirée par un tout petit drone-hélicoptère (taille modèle réduit) pour l’observation du littoral. Le chercheur qui le présentait nous a expliqué qu’il permettait de faire des relevés de la sédimentation et des traits de côte d’un endroit donné à un moment donné et de comparer ces données avec d’autres plus anciennes ou à venir. Un faisceau laser installé sous l’hélicoptère et couplé à un ordinateur permet de faire ces mesures. Mesures qu’il nous a montrées en faisant passer sous le faisceau laser différents objets (un pot rempli de végétation, une surface plane, une autre accidentée) représentant différents paysages. L’avantage de ce drone hélicoptère est bien sûr sa possibilité de vol stationnaire : on peut ainsi s’attarder au-dessus d’une plage ou d’un endroit un peu « difficile ». Voilà qui m’a rappelé mes jeunes années quand j’accompagnais mon père pour faire voler ses modèles réduits. Lesquels étaient souvent en panne, à cause de chocs frontaux avec des arbres : je n’avais sans doute pas l’habileté des pilotes de Rafale et connaissant le prix de ce drone-hélicoptère, je n’ai pas proposé mes services…

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Je me suis ensuite ruée sur le stand « cailloux » (euh, pardon , « roches »)pour caresser des pillow-lavas,une pierre ponce, un super échantillon de granit avec des cristaux de feldspath rose ( de Lampaul Plouarzel ou d’ailleurs ? J’ai oublié….Peu importe, c’est du bon vieux granit breton, dont on a fait le soubassement de l’obélisque de la place de la Concorde à Paris. Oui, oui, les 320 tonnes de l’obélisque reposent sur du granit breton…)Il y avait aussi des microscopes, où des coupes de différentes roches étaient présentées sous lumière polarisante : on y voyait des cristaux de toutes les couleurs. Comme les kaléidoscopes d’autrefois. Et derrière le stand défilaient des photos prises aux quatre coins du monde par les géologues lors de leur sorties sur le terrain : le Kilimandjaro noyé dans les nuages, la bouche d’un cratère en Ethiopie (tiens, il y a des volcans là-bas ??? Aurais-je raté un cours de Géologie ?), coulées de basalte surplombant la mer à la Réunion, un atoll bleu lagon… De vraies photos d’agence de voyage qui pourraient inciter certains élèves à devenir géologues rien que pour parcourir le monde !
Des élèves viennent me dire qu’ils reviennent du stand « des coquilles St Jacques » (tien, il y a même un buffet de prévu ?) où on leur a montré comment compter l’âge de ces coquillages ou comment ils échappent à leur prédateur, l’horrible étoile de mer. Je me précipite, mais pas le temps, c’est l’heure de la visite de la bibliothèque La Pérouse. J’en profite pour poser quelques questions à mon groupe sur La Pérouse car nous avons commencé notre projet sur la mer en parlant de La Pérouse , des cartes marines et du S.H.O.M.
La vue depuis la bibliothèque est à couper le souffle. Tout le côté Sud Sud-Ouest de la bibliothèque est vitré et donne sur le goulet. Il y a à ce moment une belle éclaircie et le soleil illumine Camaret, les Tas de Pois, les roches du Toulinguet au loin, la Mingam et le phare du Petit Minou. Superbe ! L’Abeille Bourbon embouque le goulet pour aller se poster en attente, au plus près du rail d’Ouessant, signe qu’il va y avoir de la tempête en mer. Un cargo rentre dans la rade et un yacht sous voile louvoie entre les deux. Un doctorant attablé, le nez dans ces croquis, ne lève même pas les yeux, indifférent au spectacle… Quel blasé ! La bibliothécaire nous fait passer devant les atlas et les cartes marines . Tiens, un atlas en Russe et un autre en .. Japonais , je crois. Pas la même vision du monde que la nôtre sur ses atlas… Je resterais bien là à les consulter mais la visite se poursuit. La bibliothécaire en profite pour me faire remarquer que la bibliothèque est ouverte au public et que l’on peut consulter sur place les ouvrages sans difficulté. Je reviendrai certainement feuilleter ces atlas un de ces jours et faire un voyage imaginaire… Un petit tour par les réserves qui contiennent des livres rares datant des expéditions du XVIII ème siècle, avec planches des oiseaux , des fleurs et des animaux dessinées à la main par les scientifiques de l’ époque…Les déshumidificateurs marchent à fond car la bibliothèque vient de découvrir des champignons dans ses collections. « Des champignons ? » demandent quelques élèves qui doivent imaginer des bolets Satan poussant entre les pages….Il faut leur expliquer que ces champignons sont microscopiques, qu’ils rongent les pages qui finissent par tomber en poussière et que le traitement pour les éradiquer fait souvent autant de mal aux ouvrages que les champignons eux-mêmes.

C’est maintenant l’heure de la conférence.. Un exposé scientifique va nous être proposé. Pénétrer dans un amphi, c’est une première pour certains de nos élèves : c’est grand, froid et impressionnant. Le directeur de l’IUEM nous rappelle d’abord que l’IUEM est un institut unique en Europe qui permet à des chercheurs de tous horizons (géographes, géologues, économistes sociologues, historiens et psychologues) et de toutes nationalités de travailler ensemble sur un même lieu afin d’accroître la connaissance du monde marin, de contribuer à l’observation des modifications naturelles ou causées par l’homme dans ce milieu et de former de futurs chercheurs. Puis la chercheuse F. Gourmelon (ah, une ancienne du lycée de l’Iroise !) nous présente le programme de recherches qu’elle anime « Zone Atelier Brest Iroise ».C’est un exposé très conceptuel, ardu pour les élèves qui sont confrontés pour la première fois à un exposé scientifique à l’usage des chercheurs. Beaucoup ont décroché au bout de 30 minutes, d’autres ont pris des notes mais tous ont reconnu que l’exposé était « compliqué ». Quant à moi, j’ai été particulièrement intéressée par les S.I.G. (systèmes d’informations géographiques) sur l’utilisation journalière de la rade de Brest par les pêcheurs, les clubs nautiques, les militaires. Voilà des informations que B.M.O. peut certainement utiliser pour gérer les conflits entre les différents professionnels de la mer.

Nous avons terminé notre visite par une incursion dans un laboratoire. Celui que j’ai visité avec mon groupe concernait le carottage. Nous avons donc pu voir et soupeser une machine à carotter, comprendre à l’aide de photos comment cette machine était utilisée et regarder une carotte effectuée sur le bas de la plage de Pors Milin, où les forts coefficients de marée découvrent une tourbière et des arbres fossiles. C’est là qu’un jeune doctorant a effectué un carottage de plusieurs mètres de profondeur pour mettre à jour les différentes sédimentations qui se sont superposées sur ce site et les dater.

Cette visite fut pour moi pleine d’enseignements. Pénétrer dans un tel institut est une occasion extraordinaire, ses journées portes ouvertes n’étant pas si fréquentes que cela. Je souhaite également remercier tous les personnels de l’IUEM qui ont rendu possible cette visite et qui nous ont tous accueillis avec chaleur et gentillesse.

Mme Tymen
Professeure d’anglais